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James : se reconstruire et continuer à avancer

Retrouver une place dans le monde du travail.

Publié le 22 juin 2026

James : se reconstruire et continuer à avancer

Ancien bûcheron-élagueur et paysagiste, James voit sa vie basculer il y a 20 ans à la suite d’un accident du travail hors norme : une roue de 200 kilos lui tombe dessus.

Après 15 jours de coma, le diagnostic est sans appel : il est paraplégique. L’accident laisse aussi d’autres séquelles : troubles de la mémoire, qui se dégrade avec le temps, difficultés d’élocution ou encore troubles dans l’écriture.

Un véritable bouleversement pour cet homme actif et manuel.

Retrouver une place dans le monde du travail

Après son accident, le combat commence. Accompagné par Cap Emploi, James mettra du temps avant de retrouver un emploi.

« Avec un fauteuil, c’est très compliqué de trouver du travail. »

Pendant plusieurs années, il enchaîne les recherches et les formations, avant de rejoindre finalement l’Entreprise Adaptée du Mans où il travaille depuis maintenant 12 ans.

Un nouveau départ… mais pas sans difficulté.

Ancien chef de chantier, à la tête d’une trentaine d’ouvriers, il occupe aujourd’hui un poste d’ouvrier de production.

« Passer de chef à ouvrier, ce n’est pas facile. Mais je veux évoluer. »

Son temps de travail et son poste sont aujourd’hui adaptés à son handicap (mi-temps thérapeutique, poste aménagé), même si cela n’a pas toujours été le cas.

Une énergie et un humour au quotidien

Dans l’atelier, James est connu pour deux choses : son énergie… et son humour.

James, travailleur entreprise adaptée

À son poste, il utilise un marteau pour détacher des pièces, ce qui fait beaucoup de bruit. Il s’est équipé d’un casque pour se protéger. Mais ce qui marque surtout, c’est son tempérament :

« On m’appelle le clown de l’atelier. Je raconte toujours des bêtises, ça fait rire les collègues. »

Et il n’hésite pas à plaisanter sur lui-même : « J’ai pas été pris chez McDo… parce que mon fauteuil faisait “quick quick”. Je peux rigoler sur mon handicap. »

Se battre, encore et toujours

Le plus difficile pour James, depuis son accident, reste le combat permanent pour accéder à ses droits et aux mêmes opportunités que les autres.

« Il faut se battre tout le temps pour avoir quelque chose. »

Il déplore un manque d’adaptation du monde du travail :

« On m’a déjà dit : tu as toutes les compétences, mais le problème, c’est ton fauteuil. »

James, travailleur entreprise adaptée

Très manuel, il regrette de ne pas pouvoir exercer certains métiers comme la menuiserie, malgré ses nombreuses compétences : « J’ai dix CAP dans les mains. »

Malgré cela, il continue de se battre pour évoluer dans son entreprise et gagner en responsabilités. Ici, ou ailleurs.

S’engager et rester actif

Son engagement ne s’arrête pas là. En 2020, il participe à une mobilisation avec APF France handicap et se rend jusqu’à l’Élysée pour défendre les droits des personnes en situation de handicap.

Il a également pu échanger avec des élus et des représentants de l’État. Il passera peut-être les portes de la délégation APF France handicap de la Sarthe ?

Un passionné de sport… et de jardinage

Malgré le handicap, James reste un grand sportif : marathons en fauteuil, vice-champion de France de tir à l’arc à 50 mètres, pratique de la pétanque… Il ne s’arrête jamais. Il trouve aussi un équilibre dans son jardin :

« J’ai 50 rosiers, je les entretiens, et je fais des légumes. J’en ramène aux collègues. »

Trouver son équilibre, sans renoncer

Aujourd’hui, James a su reconstruire une forme d’équilibre. Il avance, malgré les obstacles, avec humour et détermination. S’il est conscient de ses fragilités, notamment liées à sa mémoire, il garde une envie intacte : continuer à progresser et prendre plus de place.

Un parcours marqué par les épreuves, mais aussi par une conviction forte :
👉 les capacités ne disparaissent pas avec le handicap, à condition qu’on leur laisse la place de s’exprimer.


Merci à James de s'être confié sur son parcours.